Pour un vrai TJP à Strasbourg

Nommé Directeur du TJP, Théâtre du Jeune Public, en janvier 2012, M. Herbin a brutalement annoncé fin septembre 2012, à nous usagers, élèves et spectateurs du TJP, sa décision de mettre fin aux ateliers de création théâtrale destinés aux enfants et adolescents, et plus généralement à la vocation de théâtre pour la jeunesse qui était jusqu’ici celle du TJP.

Lors de l’assemblée qui devait être de rentrée, mais qui fut en réalité un enterrement, M. Herbin a peu répondu à nos interrogations, et nous a beaucoup demandé de lui faire confiance.

Comment le pourrions-nous ?

Nous sommes venus à cette assemblée un peu perplexes – de n’avoir rien compris à la nouvelle plaquette du TJP, ni sur les objectifs, ni sur les aspects pratiques –, un peu inquiets – d’avoir cependant noté que le terme « ateliers » avait disparu –, mais malgré tout confiants car nous n’imaginions pas que le TJP, Théâtre du Jeune Public, puisse renoncer à ce qui faisait son essence, sa réputation et à nos yeux sa valeur : éduquer la jeunesse à l’amour et à la pratique du théâtre, l’ouvrir au monde et aux autres, aux difficultés de la création aussi … Bref, une démarche d’autant plus précieuse qu’elle n’est pas si courante !

A la fin de l’assemblée – qu’une bonne partie de l’assistance avait désertée en chemin –, nous n’avions toujours pas cerné les objectifs du nouveau TJP (Toujours, Jamais, Peut-être !), mais nous avions en revanche bien compris que M. Herbin était décidé à mettre à bas le vieux TJP, et tous les encombrants qui allaient avec : professeurs, élèves, spectacles, … Il n’a, de son propre aveu, conservé le sigle TJP que pour éviter que les vieux murs ne s’écroulent …

Quel mépris et quelle arrogance ! Le TJP, Théâtre du Jeune Public, a-t-il donc démérité à ce point ?

M. Herbin a-t-il seulement pris la peine de venir voir, et regarder, le magnifique spectacle présenté en juin dernier par les différents ateliers, et en a-t-il apprécié la qualité ?

A-t-il entendu la déception et la révolte exprimée lors de l’assemblée par ces jeunes à qui le TJP donnait l’occasion de ne pas simplement regarder faire du théâtre mais de créer et construire ?

En lui demandant « Où est Chantal ?», ils réclamaient justice pour un professeur dynamique et talentueux, mais ils posaient aussi la question de ses objectifs et de ses pratiques.

Car enfin rien ne l’obligeait, s’il voulait ouvrir de nouvelles pistes de travail, à détruire (et par quels procédés, dignes d’autres temps et d’autres lieux !) ce et ceux qui l’avaient précédé.

M. Herbin met en avant sa « légitimité », et la « prérogative » qui est la sienne, selon lui, de faire du TJP ce que bon lui semble et avec qui bon lui semble.

Y compris détruire le Théâtre du Jeune Public ?

De quelle légitimité est-il question ici ? A quel titre peut-il seul décider, sans la moindre concertation, que Strasbourg n’aurait plus besoin d’un théâtre pour la jeunesse ?

Supprimera-t-il également, dès qu’il le pourra, les classes de théâtre assurées par les intervenants du TJP dans le cadre scolaire, notamment à l’Elsau, où ces classes constituent peut-être la seule porte d’accès du jeune public à la création théâtrale ?

Si M. Herbin a réellement l’aval de ses autorités de tutelle pour mener cette entreprise de démolition, quelle alternative celles-ci ont-elles prévu d’offrir à tous ceux, et ils sont nombreux, qui souhaitent poursuivre une pratique artistique qui n’aurait plus sa place au TJP ?

Est-ce à nous de rappeler que le TJP, institué en 1991 centre dramatique national pour l’enfance et la jeunesse, possède un statut lié à la notion de théâtre public, et se doit de remplir une « mission de création théâtrale dramatique d’intérêt public » ? Cette mission ne saurait se limiter à assurer le subventionnement de quelques troupes élues, au gré du bon vouloir de l’un ou l’autre des directeurs qui se succèderont à la tête du Toujours Jamais Peut-être.

Le TJP était, en France, l’un des deux établissements nationaux de production et de diffusion artistique destinés au jeune public. C’est dire le vide que créerait sa disparition !

Nous sommes de ceux qui croient que l’accès de la jeunesse – de toute la jeunesse et non pas d’une élite intellectuelle – au théâtre et à la culture reste un objectif qui mérite d’être défendu. Nous sommes de ceux qui croient que le TJP faisait du bon et beau travail, et qu’il doit continuer à le faire. Est-ce là faire preuve de conservatisme ?

Nous ne voulons pas penser et laisser nos enfants penser qu’ainsi va le monde et que l’on ne pourrait rien y faire. Nous comprenons, partageons et soutenons la révolte et la colère de ces jeunes qui disent attendre autre chose du TJP.

C’est pourquoi nous ne pouvons suivre M. Herbin.

C’est pourquoi nous en appelons à toutes les instances concernées (collectivités territoriales, DRAC, Ministère de la culture) afin que s’engage un véritable débat sur ce qui nous apparaît comme une véritable spoliation d’un bien public et un détournement de ses objectifs et de sa mission.

Des parents, élèves, usagers du .héâtre du .eune .ublic en colère.

Voir la liste complète des signataires

Conseil municipal du 26 nov. 2012

Interpellation de M. Mostapha EL HAMDANI sur la question du devenir du TJP.

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Dernières nouvelles du front

Bonjour bisome1 !

Voici donc les dernières nouvelles du front, car il s’est passé beaucoup de choses dans les dernières semaines !

Tout d’abord, la mise en ligne de notre pétition a entraîné la parution de plusieurs articles dans la presse (DNA, 20 minutes, Rue 89, si vous ne les avez pas lus vous les trouverez sur le blog de la pétition http://www.strasss.com/theatrejeunepublic/).

Ces articles, et les commentaires et réactions d’origine très diverse qu’ils ont suscités (dont certains extrêmement intéressants ou drôles, lisez notamment la Tribune des lecteurs des DNA du 10 novembre, ou les réactions à l’article de Rue 89), ont peu à peu fait émerger une image de la situation et des dimensions que nous ne mesurions pas forcément au départ.

Notre action, née de la suppression des ateliers de pratique et de création théâtrale du TJP, s’est très vite avérée soulever des questions culturelles beaucoup plus larges qui touchent l’ensemble du public strasbourgeois mais également les artistes de notre région. En (très) bref, quelle politique culturelle pour la ville de Strasbourg ? Et pour qui ?

Renaud Herbin a effectivement été mis en place avec le mandat de transformer le Théâtre du Jeune Public en un centre européen de la marionnette. Peut-être cependant a-t-il appliqué ce mandat avec trop de zèle – sans parler de la brutalité de ses méthodes ─, en effaçant tout ce qui fondait l’identité du TJP : jeunesse et éducation, théâtre même puisque le TJP se consacrerait désormais exclusivement à la marionnette, public car un simple coup d’œil à la nouvelle plaquette du TJP donne une idée du public très très restreint auquel il souhaite s’adresser.

Pour notre part, nous pensons que le mandat de Renaud Herbin ne l’obligeait nullement à des choix aussi extrêmes, qui risquent de conduire à un divorce d’avec le public strasbourgeois, et à plus ou moins long terme à une fragilisation et une mise en péril du TJP.

D’ailleurs, et c’est aussi un aspect que nous avons découvert, il n’est pas sûr que l’ensemble des autorités de tutelle le suivent sur ce terrain, notamment la mairie de Strasbourg qui est le principal financeur du TJP.

En avril dernier, Roland Ries, maire de Strasbourg, interpelé en Conseil Municipal par Robert Grossmann, s’était déclaré « attaché à la philosophie de départ du TJP ». Il avait ajouté : « Il me semble important d’amener, physiquement, les jeunes à la culture et au spectacle vivant. La Ville est le premier bailleur de fonds du TJP, si le directeur souhaite changer de politique, il serait bon qu’il nous en informe » (http://www.strasbourg.eu/fonctionnement-ville-cus/mairie-de-strasbourg/conseils-municipaux/conseil-municipal-du-lundi-16-avril-2012).

Pourtant, aujourd’hui, le TJP a été débaptisé et n’est plus le « Théâtre Jeune Public ». Sa façade affiche désormais ce programme novateur : « Toujours Jamais Peut-être »).

C’est pourquoi, parallèlement à la pétition, nous avons adressé des courriers à toutes les instances de tutelle et collectivités territoriales concernées, afin de les interpeler et de demander à les rencontrer.

Aujourd’hui la pétition approche des 500 signatures !

Certains artistes, avec beaucoup de courage, ont aussi pris position.

La DRAC a répondu à notre appel et nous propose une rencontre, à laquelle serait associée la ville de Strasbourg

Un élu municipal va à nouveau interpeler le Maire de Strasbourg lors du prochain Conseil municipal (lundi 26 novembre, vous pouvez suivre les débats en direct) sur la mission et l’avenir du TJP.

Notre pétition, et toutes vos signatures, ont donc eu un écho !

Le moment est venu de peser de toutes nos forces pour que les instances avec qui nous allons ouvrir le débat nous entendent bien !

Et pour peser il importe que la pétition soit encore diffusée et signée !

Parlez de la pétition autour de vous, envoyez-la à vos amis, utilisez vos réseaux sociaux, commentez les articles et prises de position parues dans la presse, bref, faites tout ce que votre imagination vous inspirera pour faire encore grandir le débat !

Merci encore à vous tous.

  1. Bisome ! Les auteurs de la contre-pétition postée sur le net en réponse à la nôtre réprouveraient certainement l’emploi de ce terme purement autochtone et totalement incompatible avec la nouvelle dimension européenne du TJP. Pour ceux d’entre vous qui ne seraient pas des alsaciens conservateurs et xénophobes (ainsi que tente de nous faire apparaître la contre-pétition), précisons que « bonjour bisome » veut dire, en substance, « bonjour à tous ». []

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Conseil municipal du 16 avril 2012

Interpellation de M. Robert GROSSMANN concernant la politique culturelle de la Ville pour le TJP, le village culturel, Pôle sud et le Maillon Hautepierre.

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